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Les objets

Grand salon

Le grand salon

XIXe siècle

« Nul doute que le jeune vendéen n’ait appris l’histoire de sa famille en regardant les portraits accrochés ça et là. Ceux des ancêtres picards, échevins de Guise, donnent une sévère note Ancien Régime au « grand salon », ouvert seulement pour les grandes occasions, ne laissant pas au velours cramoisi des fauteuils Louis-Philippe et Napoléon III le temps de s’affadir. Dans un angle, sur le piano droit couvert d’un cachemire quelques bibelots démodés offerts à Madame de Lattre en remerciement de mariages arrangés pour des voisins ou amis. Dans une vitrine les objets vénérés : décoration du lys de l’ancêtre, portrait du comte de Chambord, souvenirs de famille et objets de piété. Si l’on ajoute les bandes fleurdelisées placées sur les fauteuils, tout proclame, on le voit, le traditionnel légitimisme vendéen. » Jacques Perot, Deux vendéens chez eux : Georges Clemenceau et Jean de Lattre. « Le grand salon, où on «recevait » - ce qui était fréquent, mes beaux-parents étant très mondains- était meublé de deux fauteuils de la Belle Epoque avec des tapisseries à fleurs de lis, et d’un mobilier Napoléon III, en acajou et velours rouge. C’est là que se trouvaient les portraits des ancêtres poitevins, les de Lattre, aux chevelures bouclées et aux modes «Grand Siècle» Les tables et la cheminée étaient encombrées de bibelots d’un goût plus ou moins sûr. La plupart étaient les cadeaux faits à ma belle-mère, « marieuse » enragée, pour la remercier de ses bons offices : « Le seul que je n’ai pas réussi à marier, c’est Jean...ce n’est pas faute d’avoir essayé » Maréchale de Lattre de Tassigny , Jean de Lattre mon mari, Presses de la cité, 1972.  

Le grand salon

Décor intérieur

Le petit salon

XIXe siècle

«Le petit salon contigu frappe par sa simplicité. La sobriété élégante du mobilier Restauration est à peine tempérée par les fauteuils « Voltaire » et la bibliothèque Napoléon III. Si le portrait de Clemenceau dédicacé « au maire de son village natal» a droit de cité, c’est que la grande guerre est passée. On se souvient qu’il fut solennellement reçu dans son village natal où il inaugura le monument aux morts. La Vendée blanche s’unissait à la Vendée bleue pour honorer le « Père la Victoire » et l’on vit un jeune capitaine, Jean de Lattre, offrir un bouquet au vieil homme d’Etat avant qu’il fût reçu dans la maison de la rue Plantechoux. Au demeurant il est exorcisé par celui de l’ancêtre Antoine-César de Lattre sanglé dans son uniforme de sous-préfet de la Restauration»Jacques Perot , Deux vendéens chez eux : Georges Clemenceau et Jean de Lattre

Le petit salon

Décor intérieur

La salle à manger

XIXe siècle

«La salle à manger offre un décor sobre. Le charmant portrait de l’aïeul, page de la duchesse d’Angoulême, deux grandes eaux-fortes d’Octave de Rochebrune - il n’y a pas de demeure vendéenne digne de ce nom sans une eau-forte du maître - font face au portrait d’un oncle à côté d’une peinture naïve représentant le marché de la petite ville voisine de la Châtaigneraie... » Jacques Perot, Deux vendéens chez eux : Georges Clemenceau et Jean de Lattre «La salle à manger Henri II ne me plaisait guère, mais ses deux fenêtres donnaient sur la rue, ce qui permettait, durant les repas, de participer à la vie des habitants du bourg. La table était renommée, le personnel nombreux et traité avec beaucoup de familiarité.» Maréchale de Lattre de Tassigny, Jean de Lattre mon mari , Presses de la Cité, 1972

La salle à manger

Décor intérieur

Cuisine

XIXe siècle

La cuisine, à l’usage du personnel, est particulièrement imposante. Sa superficie et les sept feux du potager témoignent du nombre de bouches à nourrir. Le personnel en grand nombre qui y travaillait à demeure ou qui venait " en journée " pour les grandes lessives et la cuisine du cochon y était nourri. La table des propriétaires souvent ouverte aux notables de la région était réputée. " ..., la rusticité de la cuisine aussi vaste que le salon avec sa batterie de cuivre étincelant, le potager couvert de carreaux historiés et les trois boîtes, à sel, à pain et à fusil, ..." Jacques Perot, Deux vendéens chez eux : Georges Clemenceau et Jean de Lattre  

Cuisine

Décor intérieur

La chambre de "Monsieur Jean", chambre marocaine

XIXe et XXe siècle

« Nous nous installâmes aussitôt dans la chambre de « Monsieur Jean », qui avait, quelques semaines auparavant, fait une véritable révolution en la modernisant : nouvelles tentures, assorties aux tapis rapportés du Maroc, aquarelles et gravures encadrées et placées sur les murs. Ce qui avait paru le plus original, c’était d’avoir fait sortir le sommier du lit de bois pour le transformer en divan ! Nos fenêtres donnaient sur le jardin... » Maréchale de Lattre de Tassigny, Jean de Lattre mon mari, Presses de la Cité, 1972.

La chambre de "Monsieur Jean", chambre marocaine

Décor intérieur

La chambre des parents

XIXe siècle

  « Le père de notre Jean avait épousé Anne-Marie-Louise Hénault, née à Mouilleron (en 1862)... Cette fille de Chouans, plus volontaire que jolie, royaliste et catholique militante, est marquée, comme l’argenterie du vieux Paris, au poinçon de la fleur de lys. Fille et femme de maires de Mouilleron, elle vécut toute sa vie au contact du peuple qu’elle comprenait, dont elle était appréciée, auquel elle consacra le plus clair de son temps. D’une piété fervente mais sans jansénisme, elle pratiqua la vraie charité, celle qui consiste à aimer son prochain plus que soi-même, à donner sans idée de retour. Attirée par la jeunesse à la façon de nos grands-mères, marieuse enragée, elle priait autant pour ses ennemis que pour ses amis, disait chaque jour son chapelet aux fins de la conversion de Georges Clemenceau... Cette Vendéenne marqua son fils Jean de son empreinte. » Jacques Dinfreville, Le Roi Jean - Vie et mort du Maréchal de Lattre de Tassigny. Anne Hénault y est morte le 17 mars 1938. « Roger de Lattre de Tassigny était né à Poitiers (le 22 juin 1855) et avait passé ses premières années dans cette ville des Pictons, et dans une propriété de famille, à Savigny-l’Evescault, entre Poitiers et Tercé. La famille originaire du pays flamand, est d’abord connue par un Jean de Lattre, qui fut bailli d’Ypres, de Bergues, de Furnes et de Gand. Le nom de Tassigny, ajouté au début du XVIIIe siècle, vient d’un fief sis près de Guise, où cette famille, dans la suite, se fixa. Un Laurent de Lattre suivi Charles X en exil [...] Le père du Maréchal, ses études achevées, fut accueilli avec empressement dans la société poitevine. Il y plut par sa distinction, sa bonne grâce et son agréable conversation. Et, quand, aux approches de la trentième année, il songea au mariage, des amis vendéens, les La Débuterie, les Majou de la Rousselière lui firent connaître la fille du maire de Mouilleron [...] M. Roger de Lattre, il n’est qu’une seule voix en Vendée pour le vénérer et l’admirer. Ayant succédé, en 1911, à son beau-père comme conseiller municipal et maire, il n’a cessé d’être réélu à une forte majorité. Sa vie fut toujours rivée à des devoirs exactement accomplis. Son comportement s’affirma d’une manière égale comme celui d’un parfait homme du monde. Il s’imposa, à sa place, tel que le juste, soucieux de rendre à chacun son dû et nuançant des formes d’une urbanité supérieure ses rapports avec parents, amis et administrés. » Louis Chaigne, Jean de Lattre, Maréchal de France. Roger de Lattre, doyen des maires de France, y est mort le 14 avril 1956 à l’age de 101 ans.  

La chambre des parents

Décor intérieur

La chambre natale

XIXe siècle

Jean de Lattre est né dans cette chambre le 2 février 1889, deux ans après sa sœur Anne-Marie. « L’événement eut lieu à Mouilleron, un dimanche, pendant la grand-messe, au moment même où les cloches sonnaient pour le sanctus. Lorsque, quelques instants plus tard, la population du village, à peu près au complet, sortit de l ‘église, elle apprit que son maire venait d’avoir un petit-fils. L’enfant était né coiffé. Venir au monde avec une légère membrane sur la tête le jour de la Chandeleur n’est sans doute qu’un minuscule prodige, mais c’était déjà une excellente image d’Epinal pour l’avenir, et on ne manqua pas de dire aux parents que leur fils Jean était né sous une bonne étoile. » Bernard Simiot, de Lattre, Flammarion, 1994  

La chambre natale