Monument aux morts de la guerre de 1914 - 1918

La France a mobilisé plus de 7 millions de combattants pendant la guerre 14-18. Un poilu sur quatre est mort : 1 mort pour 28 habitants, 3 vies pour 1 km² de territoire. Dès la fin de la guerre, l’urgence de la commémoration s’impose : l’hécatombe exige réparation.

36.000 monuments aux morts sont édifiés de 1920 à 1925 soit plus de 16 par jour.

Le monument-type de Vendée [et de France] pourrait être celui de Mouilleron-en-Pareds, l’obélisque (avec une croix gravée en relief) est surmonté d’une croix de guerre, il porte en effigie un poilu casqué entouré de lauriers, des inscriptions et la liste des morts. Le monument est encadré de 4 obus.

Florence REGOURD,
La mort célébrée ; Typologie des monuments aux morts de la guerre 1914-1918 en Vendée.
Revue 303, n°XI,1986

Le vieux président Clemenceau et le jeune capitaine de Lattre se sont rencontrés pour la première fois, le 9 octobre 1921, jour de l’inauguration du monument aux morts.

Ce jour là, Jean de Lattre - blessé à cinq reprises et huit fois cité lors du conflit - offre un bouquet au «Père la Victoire».

Ce jour là, Roger de Lattre, maire du village invite Clemenceau dans la maison de famille.

Ce jour là, Clemenceau est solennellement reçu au village, la «grande guerre» était passée, estompant les antagonismes pourtant si profonds.

(…) Le 9 octobre j’inaugure un monument aux morts dans mon village natal du bocage, le 2 Octobre j’inaugure mon propre monument à Ste.Hermine. Ce sera, je crois, une assez belle kermesse avec danses et feu d’artifice sur la coudrette comme dans l’ancien temps. On mangera dans son chapeau, on couchera dans les arbres, ou dans les fossés. Voyez si cela vous tente. (…)

Lettre de Georges Clemenceau à Claude Monet,
Saint-Vincent-sur-Jard, 18 septembre 1921

Georges Clemenceau prononça deux courtes allocutions improvisées, l’une face au monument érigé sur la grande place, la seconde à la mairie où il fait don d’un bronze de Gardet « Le Tigre terrassant l’aigle » que lui avait offert la ville de Paris. Elles sont de véritables appels à l’union de tous les Français : « Nous avons des motifs supérieurs de nous aimer et de nous unir (...) Il n’y a rien de supérieur au sentiment de fraternité nationale de tous les Français ».

Ce jour là, la « Vendée Blanche » et la « Vendée Bleue » pouvaient s’unir.

Le Président François Mitterrand est venu à Mouilleron-en-Pareds le 11 novembre 1987. Face à ce même monument, il appelait à l’union de tous les Français en se référant à Clemenceau et à de Lattre qui « ont cru et incarné cette volonté nationale, elle-même faite de tant de contraires, mais une et forte quand il le faut. Il n’y a pas de raison de douter de la France ».