La maison natale de Georges Clemenceau

Clemenceau et de Lattre sont tous deux nés à Mouilleron en Pareds.

 

"C'est une étrange chose que deux hommes de cette sorte soient nés dans la même petite cité. Je proposerai une explication poétique car bien souvent la poésie et la réalité se confondent. Je la trouverai dans le nom même de ce lieu qui signifie "la fontaine qui coule au pied de la hauteur". Pareds vient du vieux mot qui a donné Alpes et de mouillères qui signifie source. Merveilleuse fontaine qui n'est pas seulement celle qui coule dans la prairie mais la fontaine spirituelle qui nourrit les hommes de ses eaux. Merveilleuse hauteur qui n'est pas seulement un mouvement de terrain, mais une élévation de l'esprit des hommes"

André Chamson, de l'Académie Française.

Deux fils de la Vendée : Georges Clemenceau et Jean de Lattre.

Discours de l'inauguration du musée des deux Victoires,

le 29 novembre 1959 à Mouilleron en Pareds

 

 

Mouilleron en Pareds est un village aux frontières de la plaine et de bocage.

Catholiques et Protestants, Vendée blanche royaliste et Vendée bleue républicaine ont vécu et combattu ici.

Georges Clemenceau né en 1841et Jean de Lattre né en 1889 sont les fils de ces deux traditions.

 

Ils sont entrés tous les deux dans l'histoire politique et militaire mouvementées du monde et de la France du XXe siècle.

 

 

La maison natale de Georges Clemenceau en 1906

 

Clemenceau, l’anticlérical, a vu le jour rue de la Chapelle le 28 septembre 1841 dans la maison de ses grands-parents maternels, Louise-Henriette Sophie David et François Gautreau, républicain, protestant, maire de Mouilleron-en-Pareds de 1832 à 1834. François Gautreau fut nommé par le gouvernement de Louis-Philippe par réaction contre les légitimistes. Il remplaçait Alexis Mosnay, maire, catholique, légitimiste qui est l'arrière-grand-père du Maréchal de Lattre.

 

Les Parents de Georges Clemenceau, Benjamin Clemenceau (1810-1897) et Sophie-Emma Gautreau (1817-1903), fondent une famille singulière dans le milieu traditionnel de la Vendée du XIXe siècle. Benjamin du attendre ses 25 ans, âge où l'autorité parentale n'est plus nécessaire pour se marier, pour réaliser «un mariage d'amour» avec Sophie qui avait 18 ans. Paul Jules Clemenceau refusait que son fils épouse une jeune fille de famille de petite bourgeoisie, même aisée,

 

L'athéisme radical de Benjamin et la religion modérée de Sophie singularisent la famille qu'ils vont fonder. Le 21 octobre 1839, ils se marient devant un pasteur, fondent un foyer bien distinct et leurs enfants ne seront pas baptisés. D'abord à Mouilleron-en-Pareds dans une petite maison appartenant au père Gautreau car Sophie refuse d'accoucher chez son beau-père, puis à Nantes où Benjamin ouvre un cabinet médical.

 

Georges à deux ans et demi quand il quitte Mouilleron-en-Pareds. Il y reviendra toute sa vie, d'abord en vacances pour un mois d'été jusqu'à l'âge de 11 ans puis à chacun de ses passages en Vendée. Ses souvenirs d’enfance lui ont inspiré plus de vingt nouvelles dont la majorité a été publiée dans Figures de Vendée.

 

Après plus de soixante ans de brouille avec la Vendée et son village natal en raison des différences d’opinions, Clemenceau sera pourtant contacté par le maire, Roger de Lattre (père du futur Maréchal), et la municipalité le 5 avril 1918. Un courrier lui assure que «les habitants de la commune le revendiquent hautement comme l’un des siens» et lui «exprime l’admiration de tous les Mouilleronnais». Le 14 avril 1918, une réponse émue du Président Clemenceau suivra. Il acceptera d’inaugurer le monument aux morts le 21 octobre 1921 et offrira à la commune un bronze de Gardet «Le tigre terrassant l’aigle» que l’on peut toujours voir dans la salle des mariages de l’ancienne mairie.

 

En 1918, le Conseil Municipal appose une plaque commémorative sur la façade de la maison et rebaptise la rue de la Chapelle « rue Georges Clemenceau ».